Le CH et le français

Ça a commencé après le repêchage et ça se poursuit depuis le début de la période d’autonomie. Une vraie théorie du complot ! Bob Gainey serait même un anti-francophone selon un grand nombre de gérants estrade. Cette farfelue hypothèse est même relayée dans les médias sportifs : RDS, Journal de Montréal, 110%.

C’est quand même pas la faute à Gainey si Daniel Brière (un fan des Sens selon des connaissances communes) préfére jouer en Pennsylvanie que jouer au Québec. Personellement, je veux pas d’un joueur qui agit de la sorte, qui crache sur sa seule chance en carrière de porter un uniforme plus que mythique. En fait, dans la LNH, les joueurs francophones talentueux qui respectent le symbole que représente le CH, autant sur les plans sportif, historique, politique et identitaire, c’est rare. Selon de récentes déclarations, Simon Gagné en ferait partie. Nous verrons bien ce qu’il fera l’an prochain, année du centenaire du CH, alors que Gagné sera agent libre. 

Bien entendu, s’il rejettait une offre du Canadien, il pourra trouver le prétexte de la pression médiatique. Pourtant les journalistes ne font que leur travail. Dans une ville de hockey comme Montréal, un tel climat médiatique est plus que normal. Surprenant qu’un jeune comme Guillaume Latendresse ne s’en soucie aucunement. Un joueur québécois à Montréal qui joue pour le maillot ça vaut n’importe quelle vedette. Regardez Steve Bégin. Ou rappellez-vous du bref passage de Donald Audette, qui est loin d’avoir le talent d’un Lecavalier. Jusqu’à sa blessure, le CH semblait invincible. On n’aurait pas eu ça avec Brière. 

Aucun fan du CH, même chez les non-francophones, ne nie l’importance d’avoir un maximum de joueurs francophones dans l’équipe. Seulement les années soixante c’est fini. Les règles de la LNH empêchent désormais le CH d’avoir le monopole des joueurs québécois. Il serait difficile de revoir des Richard, des Béliveau et des Lafleur défendre aujourd’hui les couleurs du CH. Vincent Lecavalier, Pierre-Marc Bouchard, Patrice Bergeron, Simon Gagné et cie ont tous été repêchés par des formations étasuniennes. Autrefois ils auraient automatiquement gradué avec le CH. Déjà que le Québec ne produit plus les meilleurs hockeyeurs, ses plus grands espoirs évoluent en territoire anglo-saxon.

Il faudra donc s’y faire. Toutefois, plutôt que de chialer pour aller chercher des francophones, il faudrait franciser l’équipe. Pourquoi que Larry Robinson, Ken Dryden et Bob Gainey parlent français ? Maurice Richard s’est battu pour rien ? Oui, Saku Koivu et tous les autres doivent apprendre le français. À chaque signature de nouveau contrat, il devrait y avoir une clause stipulant l’obligation de suivre des cours de français. Ce serait la moindre des choses, que le joueur s’adapte à son environnement. En Europe, dans le soccer, il s’agit d’une obligation pour chaque joueur. Zinedine Zidane, par exemple, parle italien depuis son passage à la Juventus et espagnol depuis son passage au Real Madrid. C’est juste à Montréal qu’on aime nier son identité. Et après ça chiale qu’il manque de francophones. Le CH n’est même pas francophone à la base !

Merci Gillet ! Merci Molson !

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