Je serais toujours étonné de voir à quel point un simple morceau de tissu puisse déchaîner autant de passions. Actuellement c’est cette histoire de vote a visage couvert autorisée par le fédéral. Malgré la confusion due au manque de tact des médias face à un sujet, comme nous l’ont démontré les derniers mois, si sensible, il faut approcher la situation le plus rationellement et froidement possible.
D’abord, ici nous parlons de nikab, de burka et non pas de hijab ou de khimar, la différence est de taille, et ce dans tous les sens du terme. Déjà sur le plan islamique le nikab et la burka, sont loin, mais très loin de faire l’unanimité. Le port de telles tenues résulte d’une interprétation ultra-rigoriste du Coran, voire même tribale. Cependant, la question qui nous intéresse ici n’est pas de savoir si le port de tels accoutrements est tolérable ou acceptable. Non seulement, je considère que chacun à la liberté de porter ce qu’il souhaite et ce serait présomptueux de notre part de leur dicter un uniforme, mais également il faut éviter de faire dévier le débat vers les pleurnicheries féministes et les conflits de civilisations.
Lorsqu’il y a vote, l’essentiel est d’assurer le respect des règles démocratiques, cela va de soi. C’est là tout le mandat du directeur des élections. Une fois ce simple constat établi, on en vient au vote des femmes intégralement voilées. Au nom d’une religion peuvent-elles contourner des lois qui encadrent le plus sacré des exercices citoyens et s’élever au-delà de l’égalité citoyenne ? Leur permettre de voter à visage couvert est une injustice qu’il convient de dénoncer.
Seulement, je me trouve dégoûté par l’opportunisme médiatique et politique, de Martineau à Dumont, qui consiste à multiplier le potentiel de tension de chaque situation pour casser du sucre sur le dos des immigrés qui finissent par être désignés comme la cause de tous les maux, comme le principal problème.
Ce qui déçoit dans tout ça c’est l’absence d’intervenants modérés ; si l’on se fie uniquement aux médias, il n’existe que deux attitudes. Soit celle de condamner continuellement tous les accomodements et celle qui consiste à toujours plier devant les demandes des immigrés.
Faut dire que ça fait de plus jolis débats, plus faciles à comprendre et qui rapportent plus en cotes d’écoutes…
