Archive pour Géopolitique

Irak et Afghanistan, une différence ?

Je ne suis pas du genre à faire des amalgames ou encore à analyser deux situations différentes sur la base d’un même barême. En fait, peu de choses lient ces deux pays. Sauf l’Islam, et là encore, il est difficile de leur trouver des points communs. En fait ce qu’ils partagent avant tout c’est une situation politique peu enviable composée de trois principaux éléments : un régime militaire anglo-saxon, un gouvernement fantoche et une guerre civile.

Alors que peu de Canadiens adhèrent au bien-fondé de la guerre en Irak, plusieurs de ceux qui reprochent au peuple étasunien d’être tombé dans le piège de la propagande militaire US tombent dans le même piège ici. Beaucoup de Canadiens, et même de Québécois, voient l’occupation de l’Afghanistan comme une bonne oeuvre. Et les raisons sont multiples et toutes aussi ridicules les unes que les autres. Il y a celle de la lutte anti-terroriste brandie par ceux qui croient que notre présence en Afghanistan protège notre freedom de la barbarie, qu’ainsi aucun avion ne percutera la CN Tower ou que nos petites têtes blondes ne seront pas enlevées, violées et froidement égorgés. Il y a également l’argument humanitaire, comme quoi “we’re making a difference”. Ces gens là devraient écouter ce que les délégués de la Revolutionary Association of the Women of Afghanistan, organisation afghane de résistance féministe, ont à dire sur la situation des femmes et de leurs droits depuis le renversement des Talibans. De plus quel peuple peut apprécier l’état de siège, d’être la cible éventuelle d’un dommage collatéral (sic), de voir les siens arrêtés ou exécutés sur la base de soupçons ou simplement de se faire confisquer sa dignité ? J’ai de la difficulté à croire la sincérité de cet altruisme qui consiste à civiliser par le feu et libérer par le fer. Pourquoi l’Afghanistan, vers lequel on ne s’est jamais tourné lorsqu’une sécheresse s’est abattue sur le pays au milieu des années 1990, a tout d’un coup besoin de notre aide ? Pourquoi pas le Swaziland, la Birmanie ou le Kirghizistan, tous trois dans une situation politique et humanitaire des plus alarmantes.

La seule raison que je puisse comprendre est en fait la même que celle justifiant l’invasion de l’Irak. Le pétrole ! Je sais qu’il n’y a pas de pétrole en Afghanistan. Cependant sa situation géographique stratégique permet d’y faire passer un oléoduc qui fera transiter le pétrole azerbaïdjanais à travers toute l’Asie centrale sans avoir à le faire passer par la Russie. Ce n’est sans doute pas un hasard si le président afghan Hamid Karzaï est un ancien cadre de l’entreprise pétrolière Unocal. Et actuellement la présence de nos militaires canadiens visent à prendre le contrôle de zones qui seront traversées par l’oléoduc. Mais oui, je peux comprendre, même si je m’y oppose, que l’on envahisse un pays pour son pétrole, pour lui voler ses ressources naturelles, ça je le conçois très bien. D’ailleurs l’écrasante majorité des guerres modernes sont motivées par ce type d’objectifs, et c’est pourquoi je revendique mon pacifisme et mon aversion pour la guerre. Il est difficile de l’expliquer rationellement, seulement, conformément à mes valeurs et principes, il m’apparaît immoral de tuer des civils, des hommes, des femmes et des enfants pour s’enrichir et asservir. Au moins si les pro-guerre avaient l’honnêteté de reconnaître ce qui motive leurs positions, on pourrait commencer à discuter…

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Complot enturbanné et barbu

Lors de mes nombreuses pérégrinations webistiques, je suis trombé sur un article fort intéressant de Thierry Meyssan à propos d’un documentaire qui circule actuellement. D’abord, pour plusieurs, Thierry Meyssan est synonyme de zéro crédibilité, il serait même le symbole du négationnisme post-11 septembre. Ayant lu L’effroyable imposture, son best-seller mondial dans lequel il développe une thèse selon laquelle aucun avion ne s’était abattu sur le Pentagone, je trouve qu’il pose des questions intéressantes auxquelles n’a jamais répondu l’explication officielle. Dans le climat de panique qui suivit les événements du 11 septembre, Meyssan fut l’un des rares à utiliser sa raison pour analyser la situation. De plus, le chapitre sur le Pentagone n’est que le premier d’une dizaine de chapitres traitant de sujets autres, et toujours solidement référés. La campagne de salissage qui s’abat depuis sur Meyssan, un journaliste enquêteur soucieux et rigoureux déçoit et surprend.

Cette parenthèse faite, revenons-en au documentaire dont nous parlions. Il s’agit de Obsession : Radical Islam’s War Against the West, un documentaire diffusé sur Fox News au cours de l’automne 2006 et que les producteurs tentent de distribuer un peu partout. Suite à la lecture de l’analyse de Meyssan j’ai décidé d’aller me le procurer.

Et je dois reconnaître que mes impressions rejoignent grandement celles de Meyssan, donc je ne répéterais pas en d’autres mots ce qu’il dit déjà et vous réfère à son article.

J’ajouterais toutefois quelquechose. Dans le documentaire, particulièrement dans la partie faisant une analogie entre Islam et nazisme, intervient Sir Martin Gilbert qui, tout en défendant la thèse du choc des civilisations, reproche aux dirigeants occidentaux leur faible intervention pour éliminer la menace islamique qui mènera le monde à sa perte. Il se trouve que, cette année, Sir Martin Gilbert est venu présenter une conférence sur la paix, contre la haine, les crimes et dégoulinante de sentimentalisme niais. Et lorsque, dans un éditorial publié dans La Rotonde, je dénonçais le fait qu’il soutenait les guerres impérialistes et civilisatrices et qu’il niait le droit à l’autodétermination des peuples, on m’a dit que j’avais mal compris la conférence. Sans doute… Mais reste que dans cette conférence, comme dans ce documentaire, on cherche à faire passer des idées nauséabondes à travers amalgames et répétitions.

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Tiens je viens de remarquer que le film est disponible sur Dailymotion, même si plusieurs préféreront une qualité DVD :

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Abbas, l’Israélien…

Qu’est-ce que je lis ce matin ? Le gouvernement israélien, dans un soi-disant geste de bonne foi, libère 250 prisonniers membres du Fatah pour renforcer les troupes collaborationistes de Mahmoud Abbas. Et Israël continue de faire copain-copain avec Abbas, celui là même qui trahit quotidiennement son peuple. Après tout Abbas a exigé que sa formation prenne part au gouvernement, allant contre la volonté du peuple. Et lorsque le Hamas a cédé aux pressions et a négocié, Abbas, en bon autocrate, a torpillé le gouvernement d’union. Dans une telle situation, quoi de plus normal que de voir les Israéliens lui offrir des cadeaux et démontrer leur gratitude. Il fait du beau travail pour eux après tout. C’est plus propre qu’un bombardement et plus efficace. Et en plus ça fait de belles couvertures de journaux, et renforce du coup la désinformation sur le Proche-Orient en faisant passer Olmert et Abbas pour des modérés.

Abbas, même sa cravate est aux couleurs d’Israël.

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Un titre qui fait sourciller

Vu sur Cyberpresse : « Blair émissaire: Israël et Abbas approuvent, le Hamas condamne ».C’est à croire qu’Israël et Mahmoud Abbas sont dans le même camp. Bien que c’est le Hamas que le peuple palestinien ait choisit pour le représenter, l’Occident continue de vouloir traiter avec le félon Abbas. Où sont passés les beaux principes démocratiques ?Et c’est encore plus drôle lorsque M.Bush se félicite de cette nomination : «Tony aidera les Palestiniens à mettre en place les institutions politiques et économiques dont ils ont besoin pour donner à leur peuple un État démocratique et souverain vivant en paix et en sécurité aux côtés d’Israël». Allô ! Il y a eu des élections libres et transparentes en Cisjordanie et à Gaza. Certes, le résultat ne plaît pas à tous, faut croire que la démocratie c’est pas bon pour tout le monde. En tout cas, si l’Occident n’est même pas en mesure de respecter les choix du peuple palestinien comment peut-on s’attendre à ce que l’Occident soit neutre dans toute cette histoire.

Et cette nomination scandaleuse, ce crachat au visage des Palestiniens n’améliorera en rien les choses, car comme l’affirme Faouzi Barhoum, porte-parole du Hamas, Tony Blair a défendu les invasions en Irak et en Afghanistan. Mettons qu’il n’a pas le CV que l’on attendrait d’un homme de paix. Et c’est pourquoi le Hamas a raison de douter du bien-fondé de sa nomination et anticipe déjà ses partis pris en faveur d’Israël et du… Fatah.

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